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Atari : le phœnix américain

 

Atari : le phœnix américain

Un an après l’annonce faite par le constructeur américain au sujet de la création d’une nouvelle plateforme de jeux, de plus amples précisions ainsi que l’ouverture des précommandes sont disponibles. Cependant, il faudra faire preuve de patience puisque l’envoi des précieux colis en partance des États-Unis ne se fera pas avant juillet 2019. À préciser que la distribution à l’échelle mondiale est programmée pour l’automne 2019, sauf en cas de contretemps majeur.

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Élégante et multi-tâches, l’Atari VCS va certainement regagner sa place dans les salons américains.

Des cendres de l’Atari 2600…

Parlez-moi d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître… Existant en deux designs sensiblement équivalents, hormis une légère subtilité avec un fronton en bois ou vernis en noir, l’Atari VCS, initialement prénommée Ataribox, se présente comme étant une plateforme reliant le passé et l’avenir de la marque aux bandes blanches. Ainsi, cette console en devenir ne devrait pas surfer uniquement sur la nostalgie des plus anciens gamers et le rétro-gaming puisqu’elle réunira une centaine de jeux préinstallés issus des bornes d’arcade et de l’Atari 2600, mais aussi promet la possibilité d’obtenir des jeux contemporains, un pendant multijoueur ainsi que des sauvegardes dans le cloud. Concernant le catalogue de jeux récents, aucune information n’est pour le moment disponible et il faudra uniquement se contenter des quelques éditeurs partenaires, dignes représentants du jeu vidéo indépendant, que sont Eden Games, Workinman, PlayMagic, Kung Fu Factory ou encore React Games.

Concernant son système d’exploitation, l’Atari VCS fait preuve d’ouverture avec une version d’Ubuntu (Linux Kernel 4.1 pour les connaisseurs) dont l’interface épurée et simpliste promet une prise en main rapide et efficace. Dès lors, les talentueux programmateurs pourront certainement ajouter et mettre à disposition de nouvelles fonctionnalités dans l’avenir. Sous la capot, la console possède un processeur AMD Bristol Ridge A10, une carte graphique Radeon de série R7, 4 Go de RAM DDR4 et une mémoire de seulement 32 Go. Il faudra ainsi obligatoirement compléter le système par un disque dur externe ou une carte SD afin de pouvoir stocker des jeux… À contrario, l’Atari VCS dispose d’une connectique attrayante avec un port Ethernet, 4 ports USB 3.0, un port HDMI 2.0, du Wi-Fi 2,4 et 5 GHz, et le Bluetooth 5.0. Il est également possible d’utiliser ses propres contrôleurs que ce soit une manette, une souris et un clavier, mais aussi de brancher une multitude de périphériques tels qu’une webcam, un microphone, des enceintes externes ou encore un casque audio.

Annoncée dans la journée de mercredi 30 mai, la console est au stade des précommandes via le site Indiegogo avec une offre alléchante de 199 dollars pour la version noire qui comporte : un câble HDMI, un cordon secteur et le guide d’installation rapide. À préciser que cette offre est uniquement proposée jusqu’au lundi 4 juin prochain et devrait vraisemblablement se chiffrer ensuite à 249 dollars. N’oublions pas aussi que les frais d’expédition ainsi que la TVA ne sont pas inclus dans le prix d’achat. Pour le pack collector, contenant la console avec une touche boisée et le joystick iconique de l’Atari 2600 revisité, il faudra compter 299 dollars. Il est également possible de se procurer à part le joystick pour 29 dollars et une manette à 49 dollars, amplement inspirée de la version Elite Xbox One de Microsoft. Pas moins de 7900 personnes ont déjà précommandé une machine, permettant à l’entreprise d’engranger plus de 2 millions de dollars. Une renaissance bien accueillie par les marchés financiers sur lesquels l’action Atari a bondi de +9,6% dans la journée d’hier.

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Pong, certainement le titre le plus connu d’Atari, a permi au jeu vidéo d’entrer dans les foyers des années 70.

« Repose en paix »

L’entreprise Atari a également fait la une des sites d’informations spécialisés ce week-end avec une annonce bien moins réjouissante que le lancement d’une nouvelle console. Le cofondateur de la société qui originellement s’appelait Syzygy, Ted Dabney, s’est éteint ce samedi 26 mai à l’âge de 81 ans, suite à un cancer de l’œsophage qui le rongeait. Fidèle à ses principes, il a choisi de vivre les huit mois qui lui restait en profitant au maximum de chaque journée, refusant tout traitement et la déliquescence liée à une possible chimiothérapie et autres interventions médicales lourdes. Ted Dabney est l’un des plus grands pionniers de l’industrie du jeu vidéo états-unienne et mondiale. Hormis avoir pris le risque de créer une entreprise vidéoludique en 1972 alors que le grand choc pétrolier survenait, il a programmé le premier jeu vidéo commercialisé, à savoir Computer Space, et participé à la conceptualisation de Pong. L’autre cofondateur d’Atari, Nolan Bushnell, s’est exprimé sur Twitter en indiquant que « Ted était mon partenaire, mon cofondateur, mon camarade de rêverie et mon ami. J’ai toujours chéri le temps que nous passions ensemble. Repose en paix ». En 2015, il déclarait au site Bloomberg : « Si nous avons bien fait quelque chose, c’est changer le monde ». Son héritage restera à jamais ancré dans la culture du jeu vidéo, passée, présente comme future.

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