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Discrimination et sexisme

 

Discrimination et sexisme

Louis Aragon, poète du XXème siècle, s’est rendu célèbre grâce à ces quelques vers remixés par Jean Ferret: « L'avenir de l'homme est la femme ». Communément, cette phrase désigne l’importance du féminin dans tous les domaines que comportent nos sociétés. Pourtant, au sein des jeux vidéo, loisirs et secteur d’activités de plus en plus sollicités par les femmes, les hommes continuent d’imposer leur domination à grands renforts de stéréotypes graveleux. Overwatch est loin d’être considéré comme l’exemple le plus frappant de toxicité et de comportements malsains, mais sous le regard des 18 joueuses* qui ont bien voulu répondre à nos questions, cette espace vidéoludique apparaît sous un nouveau jour : celui du sexisme latent et des plus vils bassesses injurieuses dont puissent faire preuve les gamers. Attention, âmes sensibles s’abstenir…

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Il y aurait quasiment autant de joueurs que de joueuses en Europe selon l’ISFE.

Un constat amer…

Depuis ses balbutiements, l’industrie vidéoludique et les jeux vidéo sont très influencés par les hommes qui en sont les principaux consommateurs. Pourtant les chiffres tendent à démontrer une tout autre réalité. Selon une étude commandée par l’Interactive Software Federation of Europe en 2012, le ratio femmes/hommes se situait autour de 47%/53%, laissant penser qu’à minima en zone européenne, la population féminine est aussi importante que celle masculine. Des chiffres similaires ont également été enregistrés par divers organismes aux États-Unis, Canada et Australie. Seuls les pays asiatiques résistent à cette tendance comme l’attestent leurs pourcentages de joueuses dévoilés dans l’article de Tech in Asia de 2013 : 27% en Chine et 37% en Corée du Sud (le Japon étant l’exception internationale à la règle avec 66%). Au vu du chiffre d’affaires colossal dégagé par l’industrie de 101 milliards d’euros en 2017, ce contingent de joueuses semble encore quelque peu délaissé par les studios de développement au profit d’une représentation plus en adéquation avec les standards pluri-décennaux. À l’instar d’une grande partie des films, animés, séries et autres supports culturels numériques, le rôle de la femme dans les jeux vidéo est bien trop souvent cantonné à des personnages secondaires au service de la narration ou dépeinte comme un individu faible que le protagoniste doit secourir et protéger. En outre, l’hypersexualistation de la femme dans les jeux au service des stéréotypes profondément ancrés dans nos sociétés ne tend pas vers une évolution positive de la perception de la femme, de son physique voire de son intellect. Ainsi, nombreuses ont pu être les joueuses choquées par des poitrines extrêmement développées ou des formes exagérées, des vêtements moulants ou des guerrières aux armures couvrant seulement les parties du corps « sexuées ».

Cependant, les éditeurs et les studios semblent petit à petit changer leur fusil d’épaule comme en témoignent les sorties ou annonces de ces dernières années avec l’arrivée, entre autres, d’une Lara Croft aux formes moins généreuses, mais toujours dotée d’une personnalité forte et combative, d’une Aloy attachante dans Horizon Zero Dawn, d’une Ellie ultra-badass dans les premières images de Last of Us 2 dévoilées pendant l’E3 ou encore à l’arrivée d’une présence féminine incontournable dans le prochain opus de Battlefield. Le simple fait de généraliser la personnalisation du genre lors des premières minutes d’une partie est déjà une victoire. Overwatch est aussi un très bon exemple de cette volonté des créateurs de jeux vidéo d’introduire de plus en plus les femmes au sein de leurs titres. Il suffit d’observer le nombre important de personnages féminins qui possèdent chacun un background différents, loin du statut de la simple potiche (parfois engagé comme l’Homosexualité de Tracer), ou encore des formes plus en adéquation avec la réalité et loin des diktats des magazines de mode (les muscles saillants d’une Zarya ou d’une Brigitte ou même l’androgynie assumée d’une Moira). Autant de raisons qui font que depuis son lancement en mai 2016, le FPS de Blizzard qui emprunte quelques éléments aux MOBA, semble séduire les joueuses du monde entier. En juillet 2017, elles représenteraient environ 16% des 35 millions de joueurs, soit plus de 5 millions de joueuses. Comparativement à des FPS tels que Call of Duty, Battlefield ou même Counter Strike, les joueuses d’Overwatch seraient, en moyenne, deux fois plus nombreuses que sur les autres jeux de tir.

Le sexisme : une norme overwatchienne ?

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Sortie, pour le moment, uniquement au Japon, Dead or Alive Xtreme 3 respecte (un peu trop) son héritage…

Même si Overwatch comporte énormément de joueuses dans ses rangs, l’indélicatesse de la part des hommes semble monnaie courante. Parmi les fléaux toxiques répandus sur le titre, le machisme et ses plus bas instincts frappent régulièrement les joueuses, pourtant désireuses uniquement de s’offrir des sessions de jeu divertissantes et/ou compétitives. Audrey* a bien voulu partager quelques-unes de ses expériences malheureuses : « Les insultes qui reviennent le plus souvent sont celles du genre “Mais t’es une meuf, tu ne devrais pas être là !”, “Retourne dans ta cuisine”, “Encore une gouine qui doit peser 120 kg”, ainsi que les éternels “Pute”, “Salope”, “Tu ne sais pas jouer” et “tu suces ?” ». Sur les 18 femmes qui ont bien voulu témoigner, une seule a expliqué ne pas avoir reçu de propos injurieux. Par ailleurs, à l’exception d’une joueuse classée en Silver, toutes évoluent entre le niveau platine et Grand Master, ce qui atteste de leur maîtrise concernant les mécaniques de jeu, mais aussi du temps passé régulièrement sur Overwatch. Marion* a également reçu ce type d’invectives : « Ce sont des petites remarques plus ou moins offensantes allant de “Si on gagne tu me passes ton facebook” à “T’es vraiment une merde, mais c’est normal étant donné que t’es une fille” en passant par des blagues sexistes comme “Tu aimes bien les rideaux ? Parce que j’aimerais bien te tringler”. J’ai également eu des remarques concernant le poste joué puisque qu’une fille est forcément assujettie au rôle de support/heal. C’est entre autre pour cette raison que j’ai développé mon pool de héro et que, désormais, je suis main tank. Ce changement a incroyablement diminué la quantité de remarques ».

Autre exemple de l’impolitesse des hommes, Laura* explique qu’elle « joue une dizaine d’heures par jour. Chaque jour je me sers de la création d’escouades et 8 fois sur 10, je me prends une remarque sexiste de la part d’un individu, que ce soit “positif” ou négatif. On m’a parfois demandé si moi aussi je me dénude en stream pour avoir droit à des privilèges/cadeaux ». Ainsi l’expérience de jeu quotidienne d’une femme se transforme en véritable parcours du combattant pour parvenir à trouver des coéquipiers à l’attitude correcte. Contrairement aux hommes, les femmes subissent certaines attaques du simple fait qu’elles soient accompagnées par un autre joueur : « Dans le cas où je suis groupée avec une autre personne. On me traite d’ “Espèce d’egirl”,“T’as pas honte de te faire booster ?!” ou “Tu payes avec ton cul” ». Pour les non-initiés, le terme « egirl » définit les « prostituées du net », des femmes issues principalement sur les réseaux cherchant à attirer l’attention et les faveurs des hommes via des photos explicites, des tenues très légères ou encore des postures provocantes en stream, parfois à la limite de la pornographie. De surcroît, « boosted » désigne une pratique frauduleuse communément réalisée par un utilisateur ou utilisatrice cherchant à atteindre un rang supérieur en recourant à des joueurs talentueux, amateurs, semi-professionnels ou même professionnels contre une rémunération tarifée. Bien évidemment, les femmes étant toutes des croqueuses d’hommes, elles seraient « boostées » en échangeant leurs corps ou des clichés osés contre une montée dans le classement. À signaler que ces échanges de compte sont punis de bannissement par les modérateurs de Blizzard.

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« Regardez-moi dans les yeux », petit extrait egirlesque made in Twitch.

Dans tous ces états…

En réaction directe, les femmes adoptent différentes postures allant de la réponse énervée à l’ignorance en passant par l’abandon. « En général, je mets les personnes directement en sourdine et la plupart du temps les autres joueurs penchent de mon côté. Après, l’expérience qui m'a le plus choqué et qui m'a fait “ragequit instant“, c'est lorsque je jouais solo Mercy dans une équipe de cinq garçons. Comme d’habitude, je donne les calls en vocal et l’un d’entre eux me dit en anglais “Qu'est-ce que tu me saoules avec ta voix de merde !“. Naturellement je le mute et s’ensuit une tornade d'insultes par les 4 autres jusqu'à imiter un film porno sur le voice chat... J'ai dû quitter le chat vocal sans répondre. Contre cinq joueurs, c'était totalement impossible qu’ils s'arrêtent », confie Mégane*. D’autres ont décidé de prendre le taureau par les cornes à l’image de Laurence* : « Avant, j'évitais le chat vocal, mais maintenant, j’ai décidé d’y parler le plus souvent possible. J’ai l’impression qu’à force de croiser des femmes en jeux, les remarques sexistes diminueront. Ce n’est pas à nous de nous cacher parce qu’on est des femmes, c’est aux hommes d’apprendre à nous respecter ». Parfois les insultes sont tellement agressives et fortes que les joueuses se sentent désemparées, regrettant même simplement d’être une fille. Sorte de cible privilégiée des hommes qui se basent uniquement sur le genre ou le pseudo pour éructer des insultes, les femmes procèdent souvent aux mêmes parades avec dans l’ordre : mute, report et blocage.

« Je pense qu’on y trouve le même problème que dans la société. On est dans un domaine qui a longtemps été vu comme réservé aux hommes et où les femmes y sont rares. Il y a plus d’occasions pour ce type de remarques. Les joueurs ne se rendent pas compte qu’entendre 10 fois par jour “C’est une fille, elle va jouer support”, “Retourne dans la cuisine” et autres, cela permet juste de véhiculer ces idées nauséabondes », explique Hélène*. Reflets scabreux des comportements négatifs de nos sociétés passés par la moulinette de l’anonymat ? Certains joueurs voient ainsi les femmes comme un exutoire et la raison de tous leurs maux vidéoludiques, sans réfléchir aux conséquences que de tels mots puissent avoir sur leurs homologues féminins. Myriam* a particulièrement été touchée par ces remarques sexistes: « Ca me blesse, parfois beaucoup si la personne s’acharne sur moi plusieurs games d’affilées. Ça me fait douter de moi et de ma capacité à être une bonne joueuse alors que j’ai un background intéressant sur d’autres jeux. Ça m’a pendant un bon moment coupé l’envie de me regrouper avec d’autres joueurs, de peur d’être accusée de boost et tout ce qui va avec. J’ai ranked pendant plusieurs saisons sans allumer mon micro de peur de “tenter” mais avec un pseudo féminin… J’ai même arrêté les rankeds pendant un bon moment, en partie à cause de ça. J’envisage toujours de payer pour renommer mon compte et j’ai fini par cacher ma carrière de support ».

 

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Message renvoyé par les équipes de Blizzard en cas de reporting efficace.

Les nouveaux outils développés par Blizzard (rendre privée sa carrière, encourager les meilleurs joueurs avec un système de recommandation, constitution d’escouade et autres) alliés aux anciens (reporting, sourdine, blocage) permettent de pallier, dans une certaine mesure, aux fauteurs de troubles. Toutefois, la majorité des personnes interrogées par la rédaction d’Eagle Gaming trouvent ces mesures inefficaces comme le souligne Lianne* : « Ça ne me paraît pas suffisant, voire injuste. Les propos sexistes, homophobes ou racistes devraient être punis bien plus sévèrement et rapidement ». Dans les options de reporting, seuls les onglets « Propos Injurieux » et « Spam » permettent de définir les actions utilisées sans réellement caractériser la typologie des insultes. Rappelons que depuis août 2017 en droit français, les injures virtuelles à caractère discriminatoire (portant sur origines/ethnies/nations ou religions, genres et identités sexuelles, handicaps) sont passibles de 6 mois de prison et d’une peine pouvant se chiffrer jusqu’à 22 500 euros.

L’espoir de l’eSport

Avec le lancement de l’Overwatch League, les Contenders ou encore l’Open Division, de nombreuses équipes et structures tentent l’aventure compétitive, ce qui laisse de nouvelles chances aux femmes de s’imposer. Seulement, alors que le titre contient plus de 5 millions de femmes, les quelques représentantes à haut niveau se comptent sur les doigts d’une seule main : Se-yeon « Geguri » Kim, joueuse arrivée en cours de saison régulière au sein de l’équipe d’Overwatch League des Shanghai Dragons et Ye « 177 » Qianqian, joueuse évoluant en Contenders Chine chez Lucky Future. Pour quelles raisons ? Myriam*, bien implantée dans le milieu de l’eSport donne quelques éléments de réponse : « Je sais qu'énormément de sélectionneurs, coachs, managers, structures, ainsi que des joueurs pros et semi-pros sont contre ou réticents à l’idée de jouer avec une fille, à cause de préjugés : pas le niveau, ne supportera pas la critique/la pression, ne s'intégrera pas dans un univers de mecs, peur des tensions sexuelles, des amourettes qui perturberaient le niveau de jeu, des dérives… J’ai même entendu qu’on avait peur que leur niveau baisse ou qu’elles perturbent l’ambiance de l’équipe pendant les règles… ». Autant d’éléments qui pourraient prêter à sourire si le sujet des menstruations n’avait pas déjà été abordé durant un podcast menée par Zaboutine, actuel Head Coach d’Optic Gaming, auprès de la journaliste Laure « Bulii » Valée, spécialiste de League of Legends. Après tout, les femmes font face à ces « douleurs » depuis la puberté et on peut s’attendre à ce qu’elles sachent gérer la situation lors de rencontres compétitives, les remèdes de grand-mère ou les solutions médicamenteuses ne manquant pas.

 

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Se-yeon « Geguri » Kim est la seule et unique joueuse membre d’une équipe de l’Overwatch League.

Pour Audrey*, « ce serait bien que les joueurs se mettent à recommander des joueuses pour créer des équipes mixtes et faire avancer le milieu compétitif à un autre niveau. Contrairement au sport physique, en eSport, tout le monde a les mêmes capacités et des équipes mixtes sont clairement concevables. Je pense qu’une plus grande part de femmes pourrait changer la donne, non seulement pour l’OWL, mais aussi pour le monde de l’eSport, et par extension pour le féminisme 2.0 ». En effet, comme pour les personnes atteintes d’un handicap, le jeu vidéo permet de lisser les inégalités et différences physiques sans pour autant influencer sur les performances virtuelles et intellectuelles. Aucune raison réelle ne peut être invoquée ou alors cela reviendrait clairement à définir l’homme comme supérieur à la femme... À l’instar des quotas imposés dans le football sur les nationalités ou de ceux mis en place dans les universités américaines, Blizzard pourrait réguler en faveur des minorités et de la diversité. Toutefois, si le sentiment semble unanime auprès des femmes interrogées sur le sujet de la mixité et sur cette volonté commune d’obtenir plus de représentantes à haut niveau, à l’internationale comme en régionale, une interviewée défend l’inverse : « il serait plus adéquat, comme pour les autres sports, d’avoir une league Homme et une league Femme. Il ne faut pas se mentir, les équipes mixtes ne font pas souvent bon ménage, absolument pas au niveau du jeu ou professionnellement, mais personnellement. Il y a malheureusement plus de dramas entre les joueurs dans les équipes mixtes ».

Une mobilisation apathique

Différents acteurs de l’industrie se manifestent pour saisir à bras le corps cette problématique et les comportements nocifs qui pourrissent littéralement la vie des joueurs comme des joueuses. L’Overwatch League, son commissaire Nate Nanzer et l’équipe des Dallas Fuel n’ont pas hésité à expulser Félix « xQc » Lengyel de la compétition pour ses épisodes de propos injurieux sur les réseaux sociaux et les streams. D’autres joueurs ont également subis les foudres de la league en récoltant des amendes et des bannissements temporaires. En cause, dans la majorité des cas, des comportements toxiques sur le jeu et son écosystème direct ou indirect. Outre les divers changements individuels opérés par les sociétés à l’instar de Twitch ou Blizzard qui ont modifiés leurs règles d’utilisation pour tenter d’endiguer ces mauvaises pratiques, un groupement a vu le jour en mars dernier. La Fair Play Alliance, composée de grands noms de l’industrie du jeu vidéo tels que Xbox, Riot Games, Blizzard, Epic Games, Intel Corporation ou encore Twitch, s’est créée dans l’optique « de collaborer dans la recherche des bonnes pratiques qui encouragent le fair-play et les communautés saines dans le jeu en ligne. Nous imaginons un monde ou les jeux seront débarrassés du harcèlement, de la discrimination, des injures, et où les joueurs pourront s'exprimer librement ». Si pour le moment, les différentes entreprises demeurent au stade de l’étude et des pourparlers, la communauté peut s’attendre à l’adoption d’actions et de sanctions communes pour stigmatiser les éléments toxiques de l’univers vidéoludique.

 

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Membre de l'association Famerz avec le drapeau des Divas.

Selon Audrey*, « c’est le rôle des studios de développement de mettre en avant les femmes qui conçoivent les jeux vidéo. Je suis moi-même étudiante en game art et c’est quelque chose qui me tient à cœur. Les gens ne se rendent pas compte de la diversité des individus qui créent le jeu vidéo avec beaucoup d’artistes qui revendiquent un certain nombre de causes féministe et LGBT+. J’imagine que si les studios font le premier pas en mettant en avant les créatrices, les éditeurs pourront suivre et mettre en avant aussi les joueuses qui font vivre leurs jeux autant que leurs joueurs ». En France, la parité semble l’une des principales missions du gouvernement Macron. Dans les prochains mois, un plan d’engagement en partenariat avec les associations des femmes dans le numérique et des grandes entreprises devrait être annoncé par Mounir Mahjoubi, Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique. L’objectif étant de mettre en œuvre un programme allant du collège jusqu’à la formation supérieure afin que les femmes retrouvent leur place dans cette industrie où elles en sont les clientes mais peu en sont les productrices.

Néanmoins, hormis la campagne en faveur de la lutte contre le cancer du sein lancée par Blizzard cette année et des promesses pour l’avenir, aucune mesure concrète et clairement affichée n’a été prise au bénéfice des femmes. Pourtant comme l’explique Myriam*, « le sexisme est le problème de tous. Malheureusement, en 2018, il y a encore trop des problèmes de discrimination ciblant la femme et les courants féministes sont souvent mal perçus à cause des militantes desservant la cause, de mauvais discours, des amalgames et cætera ». Sur Overwatch, de l’autre côté du globe, les gameuses ont réagi en créant une association féministe, constituée en 2016 autour de Kim Ji-Young, décrite comme une joueuse assidue de 24 ans dans les lignes de Numerama. En mars dernier, un membre a déclaré à la journaliste Eva Martinello : « Nous combattons le sexisme dans les jeux vidéo sous l’emblème de D.Va. Nous pensions que dans notre pays sexiste, ce personnage ne pourrait pas évoluer. Nous avons décidé d’agir pour la mixité sous l’emblème de D.Va pour qu’en 2060, une personne comme elle puisse apparaître en Corée du Sud ».. Autoproclamées les Divas, ces femmes s’attaquent directement à l’industrie du jeux vidéo sud-coréenne et internationale par le biais des réseaux sociaux, de vidéos, meetups et autres. Comme bien d’autres combats de par le monde (IVG, droits sociaux et pénaux, droits maritaux, émancipation des préceptes religieux et dogmes… etc), il semble que ce soit aux femmes de mener la charge comme Laura* le suggère : « À l’heure actuelle, à part les quelques petites actions (encore une fois importantes) de Blizzard ou de l’Overwatch League, c’est aux femmes de se mettre elles-mêmes en avant. Ce n’est pas évident, mais elles ont déjà remportés des batailles, celle-ci sera aussi une victoire, et vivement ! ». Comme bien souvent, il suffirait que la majorité des hommes, bien trop silencieuse ou inactive lorsque des injures fusent, mais certainement en opposition avec ces comportements, réagissent et soutiennent leurs homologues féminins. Après tout, l’homme est doué d’empathie, n’est-ce pas ? À bon entendeur…

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