a

L’appel au secours du Stunfest

 

L’appel au secours du Stunfest

Après un succès en demi-teinte de la 14ème édition du Stunfest, les organisateurs du festival et membres de l’association 3 Hit Combo annoncent dans un communiqué que le futur du festival semble compromis. Bien que le rendez-vous soit parvenu à rassembler plus de 12 000 personnes et quelques 600 participants aux différents concerts, animations et tournois, l’édition 2018 du Stunfest accuse le coup avec un lourd déficit de 70 000 euros.

stunfest_1_article
Le Stunfest accueille sur sa grande scène plusieurs shows et tournois à chaque édition. Une tradition en péril… (crédits photo Richard Adenot)

Un bilan amer…

Globalement le Stunfest aura tenu ses promesses avec pléthore de commentaires positifs sur les réseaux sociaux, de la part des influenceurs, des visiteurs comme des médias. L’objectif de réunir des personnes autour d’une multitude d’activités telles que des conférences sur de nombreuses thématiques, des animations diverses et variées comme des concerts ou des expositions, ont permis à l’événement d’obtenir la même fréquentation qu’en 2016. À signaler que le comparatif avec 2017 n’est pas réalisable puisqu’une pause du côté de l’organisation avait été décrétée. Cette 14ème édition devait ainsi se présenter comme une véritable renaissance et malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur des espérances. Le Stunfest réussi à glaner 12 000 visiteurs. Seulement, hormis la partie 100% gaming de la salle de la Liberté dans le centre de Rennes, les autres lieux étaient gratuits...

Le prix du billet jour a peut-être découragé les potentiels participants avec un tarif fixé à 25 euros contre 15 euros en 2016. Comble de la malchance, la grève nationale menée par les cheminots de la SNCF le vendredi 18 et le samedi 19 mai corrélée à la fermeture pour travaux de la gare principale n’auront pas aidé à la bonne tenue du festival. Pour finir, la météo extrêmement clémente sur ce week-end invitait plutôt les locaux à profiter du soleil. Ainsi, le Stunfest enregistre une baisse du taux de fréquentation de 30% concernant les entrées au cœur du festival. « La convergence de ces contraintes extérieures qui se sont imposées lors de l'édition 2018 a affecté notre billetterie et donc les recettes globales et a fragilisé l'économie toute entière de l'association », peut-on lire dans le communiqué.

Pour tenter de sauver les meubles, l’association est dans l’obligation de se séparer, après cet été, de ses cinq salariés. Néanmoins, 3 Hit Combo est consciente de la dure réalité concernant son existence même et l’avenir de sa messe annuelle : « L'association 3 Hit Combo affiche au sortir de cette édition un grave déficit de plus de 70.000 € qui rend impossible la tenue d'une prochaine édition du Stunfest et des activités de l'association si des solutions pérennes ne sont pas trouvées rapidement. Ce n'est pas qu'un déficit conjoncturel, c'est un problème structurel récurrent et profond ». Pour le moment, seules les activités purement associatives et bénévoles pourront être maintenues.

stunfest_2_article
Le Stunfest est également connu pour ses concerts et ses artistes inspirés par les jeux vidéo. (crédits photo Maelig Cadiou / Seiko Cats)

Responsabilité des pouvoirs publics

Les années passants et au bout de 14 éditions, il est logique que le festival ait grandi en taille, en capacité d’accueil et autres. « Les équipes du festival souffraient du manque de ressources humaines, explique Aymeric Lesné, coordinateur et cofondateur du festival breton, dans les colonnes du site d’actualités Le Monde, partenaire médias de l’événement. 300 bénévoles, c’est bien, mais il fallait des salariés, des professionnels, pour les postes à responsabilité ». Cette année, le personnel composé de salariés, techniciens, bénévoles, intervenants et autres s’élevait à un effectif de 940 individus. Ainsi, alors que le Stunfest ambitionnait une envergure et couverture plus importante, les financements publics n’ont pas suivis avec une timide hausse de 10%. Comparativement à d’autres évènements ayant également pour thématique le jeu vidéo à l’instar de la DreamHack, du Barrière eSport Tour ou encore la Gamers Assembly, le Stunfest se positionne sur les jeux indépendants et compte principalement sur sa billetterie et les aides de l’État pour fonctionner.

En mars dernier, l’association a adressé une demande à la Direction Régionale des Finances Publiques pour percevoir des dons et permettre aux donateurs de bénéficier d’avantages fiscaux. La réponse est sans appel : « Le caractère culturel ne peut être reconnu à l'association 3 Hit combo puisque son activité n'est pas consacrée à la création, à la diffusion, ou à la protection d'oeuvres de l'art et de l'esprit tel que défini par la doctrine administrative, qui exclut les activités ludiques et de loisir ». Une prise de position révoltante pour les membres de l’association alors que d’autres domaines artistiques comme le cinéma, la musique ou la littérature profitent d’aides diverses… À préciser que ces formes d’art, à contrario du jeu vidéo et autres nouvelles formes d’expression culturelles, sont inscrites dans le code général des impôts. « Nous allons alerter nos partenaires et leur poser à nouveau cette question : À votre sens, quelle valeur a le projet culturel, éducatif, économique et social de 3 Hit Combo et du Stunfest, au sein d'un réseau local, national et international d'acteurs vidéoludiques ? », c’est avec ces mots que 3 Hit Combo a décidé d’interpeller les acteurs et l’industrie du jeu vidéo. Cette mobilisation se caractérise au travers d’une pétition dans l’optique de pousser les pouvoirs publics à reconnaître enfin le jeu vidéo comme une œuvre d’art et d’esprit.

 a