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Londres investit dans les jeux vidéo

 

Londres investit dans les jeux vidéo

Dans un communiqué, la municipalité de Londres et son maire travailliste Sadiq Khan, ont pris l’engagement d’investir 1,2 millions de livres (soit 1,37 million d’euros). Dès lors, le financement par la Greater London Authority garantit un programme de 3 ans basé sur l’organisation d’événements et d’activités dans l’optique de générer des revenus, soutenir les entreprises, créer des emplois et renforcer les compétences ainsi que la formation.

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Sadiq Khan, maire de Londres, cristallise cette volonté britannique de développer les économies du numérique.

Capitale vidéoludique

Pour la ville, le constat est simple. L’industrie mondiale du jeu vidéo se chiffre à plus de 100 milliards de livres chaque année et continue d’obtenir des taux de croissance impressionnants. Le Royaume-Uni se place à la cinquième position en termes de recettes délivrées par consommateurs. En effet, pour l’année 2017, les ventes ont généré un record de 3,35 milliards de livres, soit une hausse de 9,6% par rapport à l'année précédente. Les entreprises spécialisées dans le jeu vidéo sont principalement concentrées à Londres sans subir la concurrence de villes telles que Dublin qui, pourtant, est un véritable hub pour les sociétés du numérique, notamment grâce à une législation fiscale très avantageuse. « Les entreprises du jeu vidéo de Londres sont essentielles à notre succès en tant que ville de classe mondiale, a déclaré Justine Simons, députée maire pour la Culture et l’Industrie du jeu vidéo. C'est pourquoi je suis ravie que le maire ait engagé 1,2 million de livres supplémentaires pour Games London. Cet accord assurera la réputation de la capitale en tant que centre international vidéoludique tout en permettant la création d’emplois et l’attraction d’investissements dans ce secteur ». Rassurer les investisseurs comme les entreprises de la capitale par ce type de démarche est nécessaire alors que le  Royaume-Uni est agité par les changements provoqués par le Brexit.

L’initiative Games London qui opère à la promotion de l’industrie du jeu vidéo et de ses acteurs depuis plus de 3 ans, est issue d’un partenariat entre l'agence de cinéma de la capitale, Screen London, et l'organisme The Association for UK Interactive Entertainment (Ukie), sorte de Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs (SELL) version britannique. Dans les grandes lignes, ce financement porté par Game London sur un programme de 3 ans servira à organiser des événements de networking internationaux afin d’attirer les investissements au Royaume-Uni, à mettre en place des missions commerciales pour promouvoir l’allégement fiscal des jeux vidéo et les talents que comptent le pays, et pour finir, à créer un ensemble de formations pour accroître les compétences et les projets dans le secteur. « Le soutien continu du maire pour le programme Games London est vital afin de maintenir et renforcer notre réputation mondiale en tant que capitale des jeux et du divertissement interactif, a précisé Jo Twist, Responsable Exécutif de Ukie. En tant qu'élément important de la stratégie culturelle du maire, le festival London Games célèbre l'importance des jeux dans une culture inclusive et diversifiée pour tous. Ce programme d'investissements est primordial à la réussite économique de nos entreprises novatrices qui fabriquent des expériences et des technologies de pointe ». Ainsi, de plus amples précisions concernant les 3 axes évoqués devraient faire l’objet de nouvelles annonces lors de la 3ème London Games Festival planifié du 5 au 15 avril prochains.

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Contrairement à Londres, Paris ne semble pas particulièrement enclin à investir directement dans le secteur.

Le cas français

Les acteurs du jeu vidéo cherchent de nouvelles opportunités, notamment du côté du secteur privé pour financer leurs activités même si, lors du projet de la loi de finances de 2017, le plafond des aides, matérialisées par un crédit d’impôt, a été rehaussé de 20 à 30% sur le montant des dépenses éligibles. Par ailleurs, ce crédit qui permet des aides aux entreprises jusqu’à 6 millions d’euros, ne concerne que le développement des titres dépassant un budget de 100 000 euros, privant bien souvent les petites structures de cette assistance publique. À contrario, depuis plusieurs mois, une enquête est menée à l’initiative de la DIRECCTE Île-de-France et de Capital Games avec le concours du SNJV (Syndicat National du Jeu Vidéo), d’Angoulême Jeu Vidéo, d’Atlangames, de Bordeaux Games et bien d’autres. Le but étant de monter un fonds de financement privé pour le jeu vidéo français en analysant la rentabilité des différents projets. En parallèle, ces acteurs travaillent ensemble pour définir les besoins des studios et éditeurs, inventorier les dispositifs de financement déjà existants et réunir les bonnes pratiques en termes de financement de jeu vidéo. Les résultats de ce sondage en profondeur de l’industrie vidéoludique française seront publiés en juin 2018, date à laquelle un comité prendra des directives concernant le pilotage de ce futur fonds d’investissement privé.

En marge de cette initiative, il faut rappeler l’implication du gouvernement au sujet de l’industrie française du jeu vidéo personnifiée par le groupe d’étude à l’Assemblée Nationale mené par Denis Masséglia, député La République en Marche de Maine-et-Loire. La toute première réunion se fera durant la Gamers Assembly de Poitiers programmée du 31 mars au 2 avril. Rappelons que l’un des objectifs affichés est de définir et trouver les moyens pour renforcer le secteur français, même si aucune promesse concernant un projet de loi futur n’a été prononcée. Globalement, les industries du numérique et les technologies qui en découlent semblent définitivement au coeur des considérations étatiques. En atteste le plan lancé ce 29 mars pour aider les entreprises dans la course au développement d‘intelligences artificielles suite aux conclusions du rapport Villani.

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