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Ouverture de la chasse aux monstres

 

Ouverture de la chasse aux monstres

À la suite d’Evolve et Monster Hunter World, Hunt Showdown tente de faire sa place au sein des jeux de pistage du bestiaire fantastique. Cependant, les détails, la richesse du contenu et une certaine forme de réalisme offrent aux joueurs un nouveau terrain de chasse, même si quelques problématiques plus techniques qu’esthétiques pourraient gâcher l’expérience dans le temps. Petite précision, ce sont Superplouk et Hqrdest qui ont bien voulu échanger leur casquette de joueur professionnel d’Overwatch, le temps d’un weekend, contre celle de critique vidéoludique.

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Les graphismes et particulièrement le jeu de lumière sont une ode à la rétine.

Une sombre attirance…

Dès les premières minutes, un manque cruel se fait sentir au niveau du scénario et de la trame du jeu. Aucun contexte sur l’univers proposé n’est développé et c’est à l’imagination du joueur de prendre le relais pour remplir ce véritable gouffre scénaristique notamment sur l’obtention des différents pouvoirs de pistage attribués aux personnages. Néanmoins, étant donné que le test a été mené en Alpha, l’indulgence et la compréhension sont de mises. Concernant l’époque, le joueur reconnaîtra sans doute le style américain post guerre de sécession des années 1870-1880. Les noms d’origine française et les marécages iconiques en toile de fond suggèrent que l’action prend place dans l’état de la Louisiane. Par ailleurs, l’univers s’apparente à l’esprit du film de 2004 Van Helsing avec Hugh Jackman et Kate Beckinsale, lui-même issu de l’écrivain britannique Bram Stoker mondialement connu pour son œuvre Dracula. Ainsi, le jeu transpire la magie noire avec des démons, des humains corrompus, des zombies et autres. L’ambiance qui s’en dégage est à la fois intrigante et séduisante…
 
Sous l’angle purement esthétique, ce Hunt : Showdown est une véritable réussite qui saura flatter les pupilles des plus exigeants. Indéniablement, le studio a tout mis en œuvre pour proposer une immersion ultra-réaliste. Les lumières sont particulièrement léchées avec des variations plaisantes entres les différents moments de la journée. Celles-ci influencent clairement l’expérience de jeu en apportant le jour un côté rassurant et méditatif notamment dans les parties boisés des cartes. À contrario, en prenant le parti pris d’offrir un soleil écrasant, le joueur pourrait presque ressentir une certaine sensation de chaleur pesante, voire suffocante. La nuit, l’atmosphère se modifie et devient encore plus désagréable. En s’éclairant uniquement à l’aide de la lune, les développeurs s’amusent de cette peur viscérale du noir. Ainsi, le halo de l’unique source de lumière dévoile au grès des pérégrinations de la boue, du sang ou encore des entrailles, renforçant à chaque pas une découverte effrayante de l’inconnu. Côté sonore également, les équipes de Crytek réitèrent leur souhait d’un univers réaliste et saisissant en omettant l’apport d’une musique pendant les parties. Quelques mécaniques sonores se mettent en branle comme lorsque le personnage s’aventure près d’un cheval blessé qui hennit à la mort ou les corbeaux croassant dès lors que le joueur les effleure. De plus, les objets au sol tels que les débris de verre, conserves ou autres, émettent un bruit signalant la position du joueur.

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Pour l’instant, seulement deux boss ont leur tête mise à prix.

Némésis et coopération

L’objectif du titre se veut simple. Six équipes de deux chasseurs se disputent l’objectif de tuer en premier l’un des deux boss pour le moment disponible, à savoir l’homme araignée ou le boucher. Dès lors qu’un joueur a récupéré la preuve de l’élimination soit le « bounty », il sera marqué et les autres groupes de chasseurs pourront le prendre en chasse afin de récupérer la précieuse récompense. Seul échappatoire, foncer jusqu’au point d’extraction en évitant de se faire tuer. Par la suite, une boutique offre la possibilité d’utiliser la prime afin d’acheter des armes, de nouveaux personnages avec leurs habilités/armes spécifiques, des consommables comme des grenades, des cocktails Molotov et autres ainsi que des outils comme un medikit ou une lampe torche. À chaque partie, les différentes équipes sont dans l’obligation de tout mettre en œuvre pour rester en vie sous peine de perdre leur personnage façon Darkest Dungeon. Une pénalité d’autant plus dommageable lorsque l’on sait que deux types d’XP sont utilisables : celle liée au compte permettant d’indiquer le niveau global du joueur et celle du personnage, dédiée à acheter des points de vie supplémentaires et des talents comme par exemple renforcer sa compétence passive pour perfectionner son endurance ou améliorer l’efficacité d’un objet. C’est cette facette upgrade et level up d’un avatar liée à sa possible perte qui dramatise l’expérience de jeu.
 
Dès lors, une fois la partie lancée, la discrétion, l’infiltration et surtout l’aspect coopératif vont revêtir une importance vitale. Un chat vocal permet de communiquer avec son équipier, la voix étant plus ou moins entendue en fonction de la distance, donnant encore une fois un trait réaliste, même si les utilisateurs d’un logiciel à l’instar de TeamSpeak ou Discord auront un avantage. Le nerf de la guerre consiste ainsi à coordonner ses actions et déplacements en fonction de son allié pour repérer les lieux ou monter des stratégies en binôme comme jouer l’appât, attaquer par le flanc et autres. En outre, il est possible d’aider son partenaire à se relever en cas d’élimination. Même si cette action est limitée, le joueur pourra revenir dans la partie avec une bonne partie de ses points de vie.
 
Si l’engagement contre d’autres chasseurs peut se montrer attrayant, celui concernant les PNJ s’avère de temps en temps extrêmement frustrant. Pourtant, le titre offre un panel de monstres étendu avec des humanoïdes, des meutes de chiens affamés, des nuées d’insectes et autres possédant chacun des particularités provoquant saignements, distillant du poison, sangsues ou encore projetant des flammes. Les ennemis comme les interactions avec ceux-ci, avec des conséquences parfois malheureuses – un tir de pistolet fait un boucan de tous les diables et sera entendu de tous – sont bien pensées. Certains monstres succomberont d’un simple coup de couteau alors qu’il faudra décharger toutes ses balles sur le boss pour finir par l’abattre, un luxe sachant que les munitions sont limitées. La problématique se situe au niveau de l’IA et du fait que certaines créatures meurent trop facilement ou sont parfois buguées. Les deux boss peuvent en plein milieu d’un combat se mettre  à errer comme des somnambules ou ne daignent pas cogner leurs agresseurs pendant un instant.

VOD sur Hunt : Showdown menée par Superplouk et Hqrdest.

En quelques mots…

Le côté réaliste du jeu à l’image de son système de visée obligeant à épauler son arme (clic droit) avant de faire feu (clic gauche) saute aux yeux et se répercute dans tous les aspects du gameplay et du game design. Les équipes du studio ont tout de même poussé le vice de la perfection historique jusqu’à reproduire avec exactitude les armes de l’époque. Le côté PVP avec la peur constante de se faire abattre par un autre chasseur ou de tomber dans une embuscade, provoque une tension intense et des montées d’adrénaline forçant les fréquents arrêts pour vérifier son environnement. En revanche, l’angle PVE mérite d’être travaillé  notamment l’IA et quelques créatures qui mériteraient de grosses améliorations afin d’augmenter la difficulté et éviter de focaliser uniquement son attention sur les autres chasseurs. Pour finir, le titre souffre pour l’instant d’une mauvaise optimisation avec des problèmes de lags, des reboots serveurs fréquents et une configuration trop gourmande induisant une perte de FPS (variation de 30 à 50).
 
Disponible désormais au prix raisonnable de 29,99 euros sur Steam en early access, Hunt : Showdown développé par Crytek occasionne un intérêt certain basé sur son immense potentiel. Ses allures déguisées de Battle Royale séduisent mais, malheureusement, beaucoup de détails entachent l’expérience. Espérons que ces réglages fassent rapidement l’objet d’une mise à jour en profondeur.

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