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Rainbow Six : Siege dans la cour des grands !

 

Rainbow Six : Siege dans la cour des grands !

La franchise Rainbow Six a parcouru un long chemin depuis l’adaptation, 20 ans auparavant, d’un livre de Tom Clancy racontant les pérégrinations d’une force opérationnelle antiterroriste internationale. Rachetée en 2003 par Ubisoft, la licence s’est développée en tentant d’innover toujours plus dans les différents aspects du jeu, que ce soit au niveau du gameplay, du scénario, du contenu ou encore des graphismes. C’est tout cet héritage quiest désormais récompensé avec le dernier-né Rainbow Six : Siege, qui se hisse ainsi au rang des jeux les plus joués de la planète, aux côtés des traditionnels League of Legends, Dota, Counter-Strike Global Offensive et World of Warcraft, mais aussi des succès plus récents que sont PlayerUnknown’s Battlegrounds, Fortnite ou encore Overwatch.

Vidéo de remerciements des équipes de développement de Rainbow Six : Siege.

Un succès amplement mérité !

Pour ceux qui ne connaissent pas le concept, le dernier Rainbow Six : Siege est le FPS d’Ubisoft et l’une des rares productions de l’éditeur à ne pas immerger le joueur dans un Open World. Deux équipes de cinq joueurs s’affrontent avec, d’un côté, les assaillants qui cherchent à reprendre le contrôle d’une zone en neutralisant les adversaires ou la bombe et, de l’autre côté, les assiégés qui ont pour objectif de se barricader et de poser les explosifs dans l’une des pièces prévues à cet effet. Et si Ubisoft est parvenu à convaincre autant de joueurs, c’est tout simplement grâce aux innovations de gameplay et de game design apportées. Bien que Rainbow Six : Siege s’inspire clairement dans les grandes lignes de Counter-Strike, il apporte de toutes nouvelles mécaniques basées sur ses « opérateurs », personnages que le joueur contrôle et qui possèdent des gadgets et armes spécifiques permettant une efficacité situationnelle. Régulièrement, les développeurs tentent d’enrichir le jeu avec de nouveaux contenus, comme récemment avec l’opération Chiméra, deux nouveaux agents et la promesse d’un mode plus fun appelé Outbreak où la mission est de lutter contre des vagues d’aliens. Un côté patriote est également observé avec plusieurs unités et nationalités représentées au travers des différents opérateurs à savoir, le SWAT américain, le SAS anglais, le GSG-9 allemand, les Spetsnaz russe, le GIGN français, le JTF-2 canadien, les Navy SEALs américains, le BOPE brésilien, le SAT japonais, le GEO espagnol, le SDU de Hong Kong, le GROM polonais et le 707th SMB coréen.

L’une des plus grandes forces du titre réside dans sa capacité à créer et conceptualiser de véritables défis à l’aide de champs de bataille uniques bien souvent portés sur la verticalité et des bâtiments à plusieurs étages. La possibilité de détruire quasiment toutes les éléments du décor offre une infinité de stratégies et de scénarios attaque/défense tout en renforçant cette facette réaliste essentielle à l’expérience du joueur. De plus, il est possible d’influer directement sur le décor en occultant les fenêtres, renforçant des murs plus fragiles ou en escaladant les façades extérieures pour tenter des entrées surprises. Seuls véritables bémols, les niveaux des différents participants n’influent pas réellement sur le matchmaking et la compréhension des tactiques basiques utilisées par défaut par la communauté peut prendre du temps et agacer les non-initiés.

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Le Six Invitational s’étoffe d’année en année.

L’appui de l’eSport

Au dernier Six Invitational, grand rendez-vous compétitif organisé sur le titre par Ubisoft, Yves Guillemot, le fondateur et PDG du studio avait déclaré : « C'est assez fabuleux, les équipes se sont affrontées jusqu'au bout amenant de nombreux spectateurs sur les plateformes de streaming. L'engouement et l'émotion de cette compétition montre la bonne santé du jeu. Notre objectif premier est de créer du sport. Rainbow est bien parti pour devenir populaire. Il est facile à jouer et à comprendre, ce qui est un avantage dans l'e-sport. Nous allons faire en sorte que le jeu soit encore plus intéressant et divertissant à regarder ». Le titre possède des composantes esportives indéniables, qui ont su séduire les joueurs professionnels ayant pour background des carrières sur des titres tels que Counter-Strike, Team Fortress ou encore Call of Duty. Le savant mélange entre opérateurs munis de capacités plus ou moins complémentaires et environnements complexes permettant de planifier des stratégies audacieuses, ont su séduire les pro-gamers. De surcroît, l’apport régulier de nouvelles unités avec des reworks fréquents de celles existantes, tout comme des ajustements sur les cartes, offrent suffisamment d’inconnus pour permettre un renouvellement des joueurs et de leurs tactiques. Sur ce point, l’ambition affichée d’Ubisoft est d’aligner à terme une centaine d’agents différents.

La structuration et l’évolution de cet écosystème esportif dirigées par Ubisoft lui-même, est un des facteurs à l’origine du succès de Rainbow Six : Siege auprès de la communauté. En professionnalisant son jeu et en apportant des événements tout au long de la saison à l’instar de la Pro League, l’éditeur s’offre une publicité de qualité tout en créant de futurs leviers de croissance comme les droits télévisuels, les primes éventuelles et autres. Pour comprendre le phénomène, il faut se pencher sur les audiences du Six Invitational 2018 de Montréal. La compétition phare d’Ubisoft a rassemblé  6,2 millions d’heures visionnées sur l’ensemble des chaînes de diffusion. Avec un pic de 321 000 spectateurs simultanés lors de la finale Penta Sports contre Evil Geniuses, l’édition 2018 enregistre une hausse de 187% de ses performances en termes d’audience. En créant un nouveau tournoi majeur qui se déroulera en août à Paris, l’Europe devrait enfin bénéficier d’une compétition avec des horaires diurnes et agrandir les points d’ancrage du jeu. En conséquence, toutes ces nouvelles rassurantes sur l’avenir du jeu, tant auprès des professionnels que des amateurs avec cette barre des 30 millions atteintes, semblent plaire aux marchés financiers puisque l’action gagne encore en valeur avec un titre à 75,540€ soit une hausse journalière de +3,25% (valeur prise avant la fermeture de la bourse ce 13 avril).

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