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Simulateur d’attaque d’école made in USA

 

Simulateur d’attaque d’école made in USA

Depuis la première attaque de masse en 1949 par le vétéran de la guerre du Vietnam Howard Unruh, les États-Unis tentent régulièrement de former les agents de la fonction publique à tous les scénarios possibles. Appelé EDGE pour Enhanced Dynamic Geo-Social Environment soit Environnement Dynamique Géo-Social Amélioré, cet entraînement virtuel est censé développer des automatismes et réflexes chez les agents étatiques, nationaux, fédéraux et tribaux.

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Les forces médicales et policières de New York City s’entraînent déjà sur EDGE.

Révision du scénario

En juin dernier, la Homeland Security, département américain de la sécurité intérieure, révélait travailler sur un projet de simulation d’attaque pour coordonner les différents corps de métiers tels que les pompiers, les équipes médicales, l’armée ou encore la police. La première version présentée à la presse se basait sur le scénario d’une tuerie dans un hôtel. Le principe est à la fois d’apporter des éléments de RPG avec la possibilité entre les participants de communiquer mais aussi d’observer les réactions de chacun pour appliquer, voire adapter au mieux les différentes mesures de sécurité.

Cependant, au cours de ces dernières années, près d’un tiers des attaques de masse ont pris place dans des bâtiments estudiantins. C’est en s’appuyant sur cette statistique que la Homeland Security, avec son budget de 5.6 millions de dollars, a décidé de prioriser la formation des enseignants et du personnel de l’éducation. Cette nouvelle version devrait être lancée dès le printemps prochain. Le programme permet d’incarner aussi bien un professeur que le tueur version enfant ou adulte. Chaque enseignant a sept options sur la façon de garder les élèves en sécurité. Dans un souci encore une fois de réalisme, certains des élèves du programme pourraient ne pas répondre ou avoir trop peur pour réagir. À préciser que les autres corporations (police, pompiers, support médical etc) pourront aussi participer à cet exercice.

À l’heure où l’État du Texas autorise les enseignants à porter des armes durant leurs cours, ce type d’initiative pourrait désamorcer l’escalade croissante du recours systématique aux arguments balistiques dans le pays du drapeau étoilé. A contrario, ce scénario pourrait également servir de répétition à un futur tueur de masse…

Vidéo de présentation du logiciel EDGE.

Les jeux vidéo au service des nations

Ces exercices en temps réel dans un environnement virtuel se généralisent sous l’impulsion notamment de l’armée américaine. En effet, cette dernière a financé le développement de jeux vidéo à l’image de America’s Army ou Full Spectrum Warrior. Ceux-ci sont régulièrement utilisés pour recruter et entraîner les troupes sur différents champs de bataille ultra-réalistes.

En convergeant différentes technologies et l’univers des jeux vidéo, les possibilités s’accroissent et ne s’appliquent plus uniquement aux fantassins. Ainsi, il n’est pas étonnant de voir un soldat s’entraîner l’arme à la main à cibler des ennemis sur des écrans à 360° alors qu’il est « perché » sur la tourelle d’un char M-1 Abrams. Ce système existe également pour le Stryker, véhicule de transport de troupes possédant un canon de 105 millimètres. Avec l’arrivée des casques VR liés à des capteurs de mouvement, chaque geste, chaque action est reproduit en temps réel à l’instar du programme Dismounted Soldier Training System (DSTS).

Le réalisme est poussée à son paroxysme avec les casque de réalité virtuelle.

Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, les États-Unis ne sont pas les seuls à user du virtuel. Les armées britanniques, françaises, israéliennes, néerlandaises, australiennes ou encore canadiennes s’entraînent lors de stages sur différents FPS avec possibilité d’utiliser des véhicules comme dans Instinct, Virtual Battlespace, Arma et bien d’autres. L'entraînement en conditions réelles générant des coûts astronomiques est ainsi délaissé au profit de solutions numériques. Cependant, comme précédemment observé avec les pilotes de drone, un phénomène de déshumanisation avec des conséquences néfastes sur la psyché des soldats est à prévoir.

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