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Ubisoft pète la forme !

 

Ubisoft pète la forme !

Le bilan du troisième trimestre de l’année fiscale en cours 2017-2018 est tombé pour Ubisoft avec une belle surprise, tous les voyants financiers sont au vert et dépassent les prévisions de l’éditeur et développeur français. La période d’octobre à décembre aura bénéficié de la sortie remarquée du dernier né de la licence Assassin’s Creed et des progressions exceptionnelles des ventes dématérialisées.

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Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft, récolte les fruits d’une stratégie rondement menée.

Un record de performance

Les chiffres l’attestent : Ubisoft se présente comme l’un des studios les plus rentables. Avec sur cet exercice trimestriel une hausse colossale de 36,8% du chiffre d’affaires par rapport à l’année passée, les résultats financiers semblent à la hauteur des espérances les plus folles. En effet, la société est parvenue à atteindre les 725 millions d'euros et, selon les estimations reportées à la hausse par le groupe, elle devrait réunir la somme de 1,64 milliard d’euros pour l’intégralité de la saison 2017-2018. Le bénéfice opérationnel, soit le résultat moins les coûts ou charges d'exploitation, devrait s’élever à 270 millions d’euros. Par ailleurs, l’année 2018-2019 en devenir a également fait l’objet d’une évaluation revue à la hausse, traduisant les fortes ambitions de l’entreprise. Désormais, Ubisoft souhaite atteindre le chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros avec un résultat opérationnel de 440 millions à fin mars 2019.

En conséquence, ce mardi dès l’ouverture de la bourse, l’action affichait une croissance de 6%, portant le titre à 67,88 euros. En une année, celle-ci a gagné 97% de sa valeur actuelle. Ainsi les investisseurs et logiquement les actionnaires semblent réitérer leur confiance dans la société alors qu’à l’automne dernier Ubisoft faisait face à des difficultés . Pour rappel, le principal actionnaire de l’éditeur à savoir Vivendi, groupe présidé par Vincent Bolloré, s’opposait à plusieurs propositions concernant une meilleure rémunération des employés et talents du jeu vidéo ainsi que la nomination de deux administratrices indépendantes. Le poids de Vivendi n’avait, malgré tout, pas suffi à faire pencher la décision dans son camp lors des votes de l’assemblée générale.

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Assassin’s Creed Origin s’est vendu à 1,5 million de copies dans le monde lors des 7 premiers jours suivants la sortie.

Les fruits d’un dur labeur…

La sortie de deux titres majeurs ont permis de booster les revenus de ce trimestre : l’épopée historique dans l’Égypte des pharaons Assassin's Creed Origin et le mix improbable de Mario + The Lapins Crétins : Kingdom Battle. Ce dernier est le jeu le plus vendu sur Nintendo Switch parmi les éditeurs tiers. Le très attendu open world Ghost Recon Wildlands est aussi à l’origine de ce bilan particulièrement satisfaisant. Yves Guillemot, Directeur Général d’Ubisoft, explique que ces résultats vont permettre « de livrer des superproductions de grande qualité tout en gardant nos communautés engagées avec des mises à jour régulières majeures ».

Autre énorme avancée en la matière, le digital content et le Game-as-a-service se sont fortement développés. Sur les neuf premiers mois cumulés, ils assurent 670,3 millions d'euros soit 56,3% du chiffre d’affaires, contre 43,7% des ventes physiques. En multipliant les offres dématérialisées, les DLC et autres contenus bon marché à produire, ce segment affiche une hausse de 75% du chiffre d’affaires par rapport à l’année dernière. Il est certain qu’à l’avenir, Ubisoft compte amplement développer les contenus additionnels payants au potentiel attractif, surtout lorsque le marché PC principalement immatériel s’arroge 18% des ventes contre 7% en 2012.

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Rainbow Six s’impose lentement comme une référence de l’eSport.

Futurs axes de développements

De nouveaux leviers de croissance semblent se dessiner pour l’avenir de la société. L’eSport n’étant plus une option avec l’essor de Rainbow Six : Siege, Ubisoft devrait fortement investir dans la discipline et généraliser l’expérience accumulée ces dernières années spécifiquement sur le marché brésilien. Notons que la partie mobile n’est pas en reste avec le partenariat conclu entre l’éditeur français et Tencent pour porter des jeux édités par la filiale d’Ubisoft Ketchapp sur le marché chinois. Par ailleurs, Ubisoft compte multiplier ses licences les plus rentables et imposer de nouvelles références avec l’arrivée prochaine de l’incontournable Far Cry 5, mais aussi la sortie programmée pour l’année 2018-2019 de The Crew 2 et Skull and Bones.

Côté marketing, l’approche pédagogique et éducative lancée récemment par Ubisoft au travers de son mode Discovery Tour Assassin’s Creed Ancient Egypt pourrait éventuellement devenir un relais de croissance. Testée à Montréal dans le collège Brébeuf auprès de 300 élèves de niveau secondaire, le jeu vidéo a clairement montré ses capacités à améliorer les notes des étudiants, même si l’enseignant restera toujours plus efficace. Ainsi, souvent portée sur l’histoire à des périodes spécifiques, la série Assasin’s Creed et ses 105 millions d’exemplaires vendus dans le monde en 10 ans devrait bénéficier d’une publicité supplémentaire, voire même de nouveaux développements et contenus pour les titres les plus récents en version éducative.

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