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Warhammer Vermintide II, une suite convaincante ?

 

Warhammer Vermintide II, une suite convaincante ?

Ce Vermintide II plonge le joueur dans le célèbre univers développé par le jeu de plateau Warhammer, tout en gardant l’ambiance sombre et sanglante  du premier opus vidéoludique sorti en octobre 2015. Le studio suédois Fatshark Games réitère ainsi l’expérience en délivrant la suite des aventures fondées sur les 5 héros jouables que sont le répurgateur, le ranger nain, le soldat de l’empire, l’elfe sylvain et la sorcière flamboyante.

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L’arrivée de nouveaux ennemis devraient enrichir les phases de combat.

Barbarie et massacres

Comme la plupart des FPS sortis ces dernières années, la prise en main de ce Vermintide II se veut extrêmement simple et fluide, à la manière d’un Left for Dead ou d’un Counter Strike. Bien que  la gestion des ressources (projectiles, barre de vie, consommables et autres) puisse s’avérer rapidement problématique étant donné que les 4 joueurs ont accès aux mêmes coffres et loots, la compréhension des différentes mécaniques liées aux héros se fait sans grandes souffrances. La communauté avait émis des réserves à propos du premier opus,  jugeant le contenu généralement pauvre avec pour unique objectif d’augmenter la qualité de son stuff en enchaînant les missions répétitives.  L’arrivée tardive mais rafraichissante du DLC Karak Azgaraz n’avait pas su rattraper cet aspect. Cette fois-ci, les développeurs se sont retroussés les manches pour apporter une version plus aboutie avec un arbre des talents et des progressions pour spécialiser son personnage, des quêtes spécifiques en fonction de la carrière choisie, l’apparition des adorateurs du Chaos aux côtés des hordes de rats humanoïdes Skavens, l’ajout de nouveaux boss qui viendront diversifier un pool uniquement composé auparavant du Rat-Ogre et bien d’autres. Notons aussi l’arrivée de nouvelles unités aux pouvoirs dévastateurs capables de créer des vortex ou des trainées de flammes de malepierre ainsi que d’autres sorcelleries qui viendront grandement enrichir les batailles.

La vue à la première personne est efficace en apportant des phases de combats épiques et frénétiques au cours desquels le joueur devra faire face à des vagues successives d’ennemis tout en progressant dans un univers prédéfini. Bien que le gameplay se montre parfois redondant, la faute à un style Beat Them All assumé, les animations durant les affrontements apportent un côté surréaliste avec des jaillissements vermeils venant recouvrir la vision du joueur au fur et à mesure de l’évolution de la mêlée. Ajoutez à cela les grenades, les diverses habilités des ennemis ou encore la fumée des armes à feu et la vue FPS peut rapidement se brouiller, voire désorienter le joueur en plein cœur de l’action, ce qui apporte une touche réaliste. Petit hic, l’alternance entre les armes blanches et les armes de jet se montre parfois capricieuse et atteste d’une certaine forme de latence qui, trop souvent, perturbe les combats.

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Les décors sont à couper le souffle.

Une ambiance entre réussite et déception

La plus grosse évolution de cette suite concerne les graphismes avec notamment des lumières extrêmement bien travaillées, particulièrement lors des immersions en zones forestières rappelant les images de Star Wars sur Endor. La bêta n’a donné accès qu’à seulement trois missions pourtant la découverte des différents paysages proposés impressionne et annonce de belles promenades. Ainsi, les décors, à l’instar du premier volet, fourmillent d’une myriade de détails et d’objets renforçant cette tension omniprésente. Lors de la progression au sein de la ville médiévale, la mise en scène du décor avec des cadavres d’habitants mutilés ou pendus à une poutre saillante, les éclats et débris jonchant le chemin, le feu rongeant calèches et autres, aide le joueur à imaginer la prise de la place forte par les hordes déchainées et brutales d’ennemis maléfiques. La verticalité de la cité a été mise à profit en permettant aux enfants du Chaos comme aux Skavens de se placer sur les toits, contraignant dès lors les héros à porter régulièrement leur regard vers les clochers. En comparaison de Vermintide End of Times, les skins des unités ennemies comme alliées ont bénéficié de l’attention particulière des équipes de Fatshark, autant sur les textures que sur la personnification, si bien que presque tous les protagonistes sont uniques.

Si toute la partie visuelle frôle la perfection, ce n’est pas le cas du sound design qui a clairement été sous-estimé dans le titre. Entre les bugs sonores liés aux actions des ennemis qui ne reflètent nullement leur position réelle par rapport au joueur, la musique trop peu présente alors que le titre s’inscrit dans une atmosphère épique ou encore le manque flagrant de sonorités liées à l’environnement, la matière sonore fait cruellement défaut. En revanche, il faut noter le déclenchement des voix des héros à des moments stratégiques pour signaler une potion trouvée ou l’arrivée des ennemis, une interaction bien utile dans un jeu à la première personne où la vue est restreinte et dans lequel les coéquipiers ne communiquent pas suffisamment…

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Toute la difficulté du jeu réside dans la coopération entre les joueurs.

Les vicissitudes de la coop’

Indéniablement, Vermintide II est axé sur le multi-joueurs et la coopération. Ce sont les fondements du titre et le joueur devra forcément s’allier à trois autres héros contrôlés par des humains afin de terminer les missions et objectifs demandés. Le matchmaking se charge de recruter des alliés en fonction du niveau et adapte la difficulté de l’IA dans l’optique d’affronter des ennemis plus ou moins coriaces et nombreux. Seulement, le système de matchmaking est, tout comme dans le premier Vermintide, extrêmement frustrant et bancal. Même si des serveurs dédiés sont prévus dans le développement du jeu, c’est encore un joueur hôte qui possède le pouvoir, selon sa bonne volonté et ses dispositions, de continuer ou non une partie. De plus, les compétences débloquées tous les 5 niveaux dans l’arbre des talents ainsi que l’une des trois carrières dévolues à chaque héro, ne sont pas forcément complémentaires.

Par ailleurs, la communication est au cœur des mécaniques du jeu et si le chat vocal ne fait pas l’unanimité, il est possible de surligner en bleu un adversaire particulièrement récalcitrant à abattre ou un objet utile à partager. Il est ainsi possible de soigner ses camarades à l’aide de medipacks ou de transmettre des ressources en cas de besoin. Certains ennemis ont la capacité de piéger ou d’assassiner un joueur sur un laps de temps plus ou moins long. Sans intervention des coéquipiers, il sera condamné à mourir… Les boss et certaines créatures possèdent des capacités dévastatrices où la seule tactique viable consiste à les mettre à terre le plus rapidement possible afin de subir un minimum de dommages. Si ces mécaniques particulières n’auront pas nécessairement d’impacts négatifs lors des premières parties, dès que le héros commencera à prendre du galon, il faudra redoubler de vigilance et répartir intelligemment les maigres ressources récoltées sur la map sous peine de perdre très rapidement les trois quarts de l’équipe.

Gameplay trailer publié par Fatshark.

Le mot de la fin

Il ne sera que trop conseillé de rassembler autour d’une même bannière des joueurs sérieux, de préférence amoureux de l’univers Warhammer, avec une connexion suffisante afin d’ éviter les disparitions aux moments les plus critiques. Bien que les développeurs aient tenté d’offrir de nouvelles fonctionnalités, ce deuxième opus se base principalement sur un gameplay redondant avec pour véritable objectif sur le long terme de looter le meilleur stuff possible. Cependant, les graphismes magnifiques et une restitution fidèle des armées issues du jeu de plateau sauront ravir les fans de l’univers ainsi que les joueurs avides de scoring ou aficionados de speedruns en coopération. Disponible sur PS4, Xbox One et PC pour une somme raisonnable d’environ 30 euros, Vermintide II sortira le 8 mars prochain. À signaler pour les indécis présents sur Steam que le modding est intégré au jeu. Une précision qui revête une importance toute particulière lorsque l’on observe le travail et le nombre de mods apportés sur le RTS issu de l’univers qu’est Warhammer Dawn of War.

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